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Guide

Fiscalité des prop firms en France (2026)

Statut, déclaration, seuils et cotisations 2026, comptes à l’étranger et cas de Dubaï. À partir de la vidéo de Léo, avec les chiffres mis à jour.

Par Léo Da Silva · mis à jour le 24 octobre 2026

Ceci n’est pas un conseil fiscal. Cet article est un guide d’information générale, à jour au 24 octobre 2026. Les règles changent chaque année et chaque situation est différente. Avant toute décision (choix de statut, déclaration, expatriation), consultez un expert-comptable ou un avocat fiscaliste. Le trading de CFD et de produits à effet de levier comporte un risque élevé de perte en capital, et réussir un challenge de prop firm ne garantit aucun revenu.

Vous venez de réussir votre challenge et votre premier payout arrive. Une question se pose alors : comment déclarer cet argent en France ? C’est le sujet de la vidéo de Léo DAS, « Je t’explique TOUT sur la Fiscalité Prop-Firm en 10 minutes » (septembre 2025). Il y raconte son propre parcours et commence par une précaution : il n’est pas fiscaliste.

Ce guide reprend sa logique, met à jour les chiffres pour 2026 à partir des sources officielles (service-public, Légifrance, BOFiP) et signale ce qui reste flou.

Ce que dit Léo dans sa vidéo

Pour Léo, la première erreur est d’attendre. « Beaucoup de traders […] attendent de gagner beaucoup avant de penser à déclarer leur revenu », explique-t-il. Il rappelle aussi qu’une déclaration rétroactive ne se fait pas « de manière propre » et que ne pas déclarer, même par oubli, revient à frauder.

Ses recommandations, à replacer dans le contexte de 2025 :

  • Commencer simple : une micro-entreprise ouverte en ligne auprès de l’Urssaf, sans comptable, plutôt qu’une SAS ou une SARL tant que l’activité est modeste.
  • Décrire l’activité comme une prestation de services et non comme du trading pour compte propre. Son raisonnement : chez une prop firm, vous tradez sur un compte de démonstration et votre rémunération rétribue vos décisions. Il cite le code APE 70.22Z (conseil pour les affaires et autres conseils de gestion). C’est son analyse personnelle : aucune source officielle ne la confirme.
  • Changer de structure (SASU, EURL) avec un expert-comptable, selon lui vers 30 000 à 50 000 € par an.
  • Simuler ses cotisations sur le site de l’Urssaf avant de se lancer.

Léo raconte qu’à son premier payout de 4 200 €, il a « laissé traîner ». Il a ensuite passé deux jours à se renseigner et ouvert sa micro-entreprise. Il vit aujourd’hui à Dubaï, ce qui change sa propre situation fiscale (voir plus bas).

Certains chiffres de la vidéo ont changé depuis septembre 2025 : seuils, taux de cotisations, ACRE. Voici les montants 2026.

Comment sont qualifiés les payouts de prop firm ?

BNC : la lecture la plus courante

Le droit fiscal français ne contient aucun texte propre aux prop firms. Le BOFiP (la doctrine officielle de l’administration) ne traite pas non plus le sujet. Les professionnels retiennent le plus souvent les bénéfices non commerciaux (BNC), au sens de l’article 92 du CGI : un revenu tiré d’une activité indépendante, versé par une société en échange de vos performances de trading sur un compte de démonstration. Aucune position officielle n’a été publiée à ce jour.

Cette qualification compte, car elle vous éloigne du régime des plus-values sur un compte de trading personnel (prélèvement forfaitaire unique). Sur un compte démo, vous ne réalisez aucune plus-value : c’est la prop firm qui vous verse une rémunération.

Faut-il déclarer dès le premier payout ?

Tout revenu perçu par un résident fiscal français doit être déclaré, même s’il est occasionnel. Ce qui change avec la régularité de l’activité, c’est le cadre : BNC non professionnels déclarés sur votre déclaration de revenus, ou véritable activité indépendante immatriculée. Dès que les payouts deviennent réguliers, l’immatriculation (micro-entreprise ou société) est la voie la plus sûre. Votre expert-comptable pourra situer votre cas.

La micro-entreprise (auto-entrepreneur) en 2026

Le seuil de chiffre d’affaires : 83 600 €

Pour les revenus 2026, le régime micro s’applique aux activités libérales (BNC) si le chiffre d’affaires hors taxes de 2025 ou de 2024 n’a pas dépassé 83 600 €. C’était 77 700 € auparavant, le chiffre cité par Léo. Un seul dépassement ne vous fait pas sortir du régime : il faut dépasser le seuil deux années de suite. Vous passez alors au régime réel au 1er janvier suivant. Source : service-public.gouv.fr, fiches F23267 (vérifiée le 13/05/2026) et F32353 (vérifiée le 21/02/2026).

En première année, le seuil est calculé au prorata des jours d’activité.

L’impôt : abattement de 34 % ou versement libératoire

Par défaut, vous déclarez votre chiffre d’affaires et l’administration applique un abattement forfaitaire de 34 %, avec un minimum de 305 €. Le reste est ajouté à vos autres revenus et soumis au barème de l’impôt sur le revenu, avec prélèvement à la source. Source : service-public.gouv.fr F23267.

Sous conditions de revenus, vous pouvez opter pour le versement libératoire : l’impôt est payé en même temps que vos cotisations, au taux de 2,2 % du chiffre d’affaires en BNC. Pour y avoir droit, le revenu fiscal de référence de N-2 ne doit pas dépasser 29 579 € pour une personne seule ou 59 158 € pour un couple (plus avec des enfants). L’option se demande en général avant le 30 septembre de l’année précédente. Source : service-public.gouv.fr F23267.

Les cotisations Urssaf : 25,6 % en BNC hors CIPAV

Depuis le 1er janvier 2026, les micro-entrepreneurs en activité libérale non réglementée (hors CIPAV) paient 25,6 % de cotisations sur le chiffre d’affaires encaissé, contre 24,6 % en 2025. Sources : Bpifrance Création, page « Micro-entrepreneurs, ce qui change en 2026 » (janvier 2026), et décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 (Légifrance). Vérifiez le taux à jour sur le simulateur de l’Urssaf avant de vous lancer.

S’y ajoute une petite contribution à la formation professionnelle, dont le taux figure sur votre espace Urssaf.

Le taux de « 22 % » cité dans la vidéo correspond donc à une période plus ancienne.

L’ACRE : 25 % de réduction seulement depuis juillet 2026

L’ACRE réduit vos cotisations en début d’activité. Pour un micro-entrepreneur, le taux devient 75 % du taux normal, soit 25 % de réduction (contre 50 % dans la vidéo). Elle court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d’activité. Depuis le 1er janvier 2026, il faut en faire la demande à l’Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d’activité, et ne pas en avoir bénéficié au cours des trois années précédentes. Source : service-public.gouv.fr F11677 (vérifiée le 01/07/2026).

Le point de bascule entre l’ancien taux (50 %) et le nouveau (25 %) se vérifie auprès de l’Urssaf selon votre date de début d’activité.

La déclaration : formulaire 2042 C Pro

Chaque année, vous reportez votre chiffre d’affaires de micro-entrepreneur sur la déclaration complémentaire 2042 C Pro, depuis votre espace sur impots.gouv.fr. Vous la remplissez même si vous avez opté pour le versement libératoire. En parallèle, vous déclarez votre chiffre d’affaires à l’Urssaf chaque mois ou chaque trimestre. Source : service-public.gouv.fr F23267.

La TVA : franchise jusqu’à 37 500 €

La réforme qui devait instaurer un seuil unique de 25 000 € a été abandonnée. En 2026, la franchise en base de TVA s’applique aux prestations de services jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires en N-1, avec un seuil majoré de 41 250 € en cours d’année. Sources : service-public.gouv.fr F21746 (vérifiée le 01/01/2026) et Bpifrance Création (janvier 2026).

Attention : la plupart des prop firms sont établies hors de France. Pour une prestation de services rendue à une entreprise étrangère, les règles de lieu de taxation peuvent faire que la TVA française ne s’applique pas, mais elles imposent souvent des mentions précises sur vos factures. Faites valider ce point par un expert-comptable selon le pays de la prop firm.

Autre nouveauté : à partir du 1er septembre 2026, les micro-entrepreneurs, y compris ceux en franchise, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Ils devront en émettre à partir du 1er septembre 2027. Source : Bpifrance Création (janvier 2026).

Comptes à l’étranger : le formulaire 3916

Vos payouts arrivent souvent sur une plateforme de paiement, une néobanque étrangère ou un portefeuille crypto. Tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger doit être déclaré chaque année sur le formulaire 3916. Les comptes d’actifs numériques se déclarent sur le 3916-bis. Si vous déclarez en ligne, ce formulaire se remplit lui aussi en ligne. Source : article 1649 A du CGI et notice 3916 sur impots.gouv.fr.

En cas d’oubli, l’amende est de 1 500 € par compte non déclaré, ou 10 000 € pour un État sans accord d’échange de renseignements (article 1736 IV du CGI). Elle est plus faible pour un portefeuille crypto. Vérifiez les montants en vigueur sur impots.gouv.fr.

Et si vous vivez à Dubaï ?

C’est le cas de Léo, qui dit habiter à Dubaï et y avoir une société. Ce n’est pas une astuce fiscale, et cela demande de vraies conditions.

Les critères du domicile fiscal français

Selon l’article 4 B du CGI, vous restez fiscalement domicilié en France si vous remplissez un seul de ces critères :

  • votre foyer ou votre lieu de séjour principal est en France ;
  • vous exercez en France votre activité professionnelle principale ;
  • le centre de vos intérêts économiques est en France.

Source : Légifrance, version en vigueur depuis le 16/02/2025. Un visa de résidence ou une Emirates ID ne suffit pas, à lui seul, à rompre ces liens.

La convention fiscale France-Émirats

La France et les Émirats arabes unis ont signé une convention fiscale le 19 juillet 1989, publiée par le décret n° 90-631 du 13 juillet 1990. Source : BOFiP BOI-INT-CVB-ARE-20120912. Quand une personne est considérée comme résidente des deux pays, la convention départage. L’article 4 B du CGI prévoit que la convention l’emporte. Si vous êtes réellement non-résident, vos revenus étrangers ne sont en principe plus imposables en France. Vos revenus de source française (loyers en France, par exemple) peuvent toutefois le rester. L’application précise de la convention à votre cas relève d’un avocat fiscaliste.

Avant tout départ, consultez un avocat fiscaliste : déclaration de l’année du départ, fermeture ou maintien de la micro-entreprise, preuves de résidence.

Quand passer en société (SASU ou EURL) ?

Aucun texte ne fixe de seuil. C’est un arbitrage économique. La micro-entreprise ne permet pas de déduire vos charges réelles (abonnements de challenges, matériel, plateformes) et ses cotisations portent sur tout votre chiffre d’affaires. Une société permet de déduire ces frais, d’arbitrer entre salaire et dividendes et de dépasser le plafond de 83 600 €. En contrepartie, elle coûte plus cher et demande plus de gestion : comptabilité, comptable, frais fixes même sans chiffre d’affaires.

Léo, dans sa vidéo, situe la bascule vers 30 000 à 50 000 € par an. C’est un ordre de grandeur tiré de son expérience, pas une règle. Faites une simulation chiffrée avec un expert-comptable.

Tableau récapitulatif 2026

Point Règle 2026 Source (date)
Qualification des payouts BNC (lecture la plus courante, pas de texte officiel) Pas de position officielle
Seuil micro-BNC 83 600 € HT (N-1 ou N-2) service-public F23267 (13/05/2026)
Abattement micro-BNC 34 %, minimum 305 € service-public F23267 (13/05/2026)
Cotisations BNC hors CIPAV 25,6 % du CA (à confirmer sur l’Urssaf) Bpifrance Création (01/2026) ; décret 2025-943
Versement libératoire 2,2 % du CA, RFR N-2 ≤ 29 579 € (personne seule) service-public F23267 (13/05/2026)
ACRE micro Taux = 75 % du normal, demande sous 60 jours service-public F11677 (01/07/2026)
Franchise TVA services 37 500 € (majoré 41 250 €) service-public F21746 (01/01/2026)
Déclaration annuelle 2042 C Pro service-public F23267 (13/05/2026)
Comptes à l’étranger 3916 / 3916-bis ; amende de 1 500 € par compte art. 1649 A et 1736 CGI
Résidence fiscale Un seul critère de l’art. 4 B suffit Légifrance (version du 16/02/2025)
Convention France-EAU Signée le 19/07/1989 BOFiP BOI-INT-CVB-ARE-20120912
Passage en société Aucun seuil légal ; à simuler Pas de texte

Questions fréquentes

Dois-je déclarer un seul payout de prop firm ?

Oui. Tout revenu perçu par un résident fiscal français se déclare, même occasionnel. La question est seulement de savoir dans quel cadre (BNC non professionnels ou activité immatriculée). Votre expert-comptable vous orientera.

Quel statut choisir pour débuter ?

La micro-entreprise est la solution la plus simple pour démarrer, comme le conseille Léo dans sa vidéo : création en ligne, comptabilité allégée, cotisations seulement sur ce que vous encaissez. Elle convient tant que votre chiffre d’affaires reste sous 83 600 € et que vos charges restent faibles.

Combien vais-je payer en micro-entreprise ?

En 2026 : environ 25,6 % de cotisations sur le chiffre d’affaires en BNC hors CIPAV (à confirmer sur le simulateur de l’Urssaf), plus l’impôt sur le revenu (après abattement de 34 %) ou 2,2 % de versement libératoire si vous y avez droit. Faites votre simulation sur le site de l’Urssaf.

Les frais de challenge sont-ils déductibles ?

Pas en micro-entreprise : l’abattement forfaitaire de 34 % remplace la déduction des frais réels. En société ou au régime réel, ces frais peuvent en principe être déduits. Votre comptable vous le confirmera.

Dois-je facturer de la TVA à la prop firm ?

Sous 37 500 € de chiffre d’affaires, la franchise en base vous en dispense en principe. Au-delà, ou si la prop firm est à l’étranger, les règles de lieu de la prestation s’appliquent. Faites valider vos mentions de facture par un professionnel.

Partir à Dubaï supprime-t-il l’impôt français ?

Pas automatiquement. Vous restez imposable en France si un seul critère de l’article 4 B du CGI est rempli (foyer, activité principale ou intérêts économiques). Une expatriation se prépare avec un avocat fiscaliste, en s’appuyant sur la convention France-Émirats de 1989.

Sources

service-public.gouv.fr, fiches F23267 (micro-entreprise, vérifiée le 13/05/2026), F32353 (dépassement de seuil), F21746 (franchise de TVA) et F11677 (ACRE) ; Bpifrance Création (janvier 2026) ; article 4 B du CGI ; convention France-Émirats, BOFiP BOI-INT-CVB-ARE-20120912. Consultés le 24/10/2026.

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